L’ordre Teutonique (Histoire)

L’ordre Teutonique est né en Terre sainte, à Acre, sous le nom d’Ordre des chevaliers Teutoniques de l’Hôpital Sainte-Marie de Jérusalem, à l’initiative de chevaliers allemands. Les moines-soldats sont reconnaissables à leur grand manteau blanc orné d’une croix noire.

On ne connaît pas la date exacte de la naissance de l’Ordo Teutonicorum (Deutscher Ritterorden). On retient en général 1118 et 1128. La transformation en ordre militaire se fait en 1198, et la reconnaissance oficielle de l’Ordre par le Pape en 1199.

L’origine de l’appelation de l’ordre est un simple hopital. En effet, un marchand allemand fonde un hôpital destiné à soigner les croisés allemands malades ou blessés. On érige une chapelle destinée à la Vierge à côté, ce qui lui vaut le nom de Maison de Sainte-Marie-des-Allemands-de-Jérusalem. Ce complexe hospitalier sera placé, en 1143, sous l’autorité des Hospitaliers.

Exclusivement composé de chevaliers allemands désireux de se vouer à la lutte contre les infidèles, l’ordre étend très vite des ramifications vers l’Europe centrale encore peuplée de païens. En 1211, il fonde la ville de Kronstadt en Transylvanie (aujourd’hui Brasov, en Roumanie).

En 1226, le duc polonais Conrad de Mazovie demande le secours de l’ordre. Ses terres viennent en effet d’être envahies par un peuple  païen des bords de la mer Baltique, les «Pruzzen» , « Bruzi » ou «Borussiens». En échange, il accorde au grand maître de l’ordre, Hermann von Salza, de laisser aux chevaliers la possession des terres conquises. Frédéric II de Hohenstaufen, l’empereur qui règne alors en Allemagne, octroie à l’ordre Teutonique tous les privilèges des princes d’Empire en vue de l’encourager à combattre et «évangéliser» les Borussiens.

Les moines-soldats accomplissent leur mission avec une extrême brutalité, et la conversion des paiens se fait à coup d’épées de masse. Les populations borussiennes sont plutôt exterminées, et ce sont des colons allemands qui les remplacent et adoptent le nom de leurs prédécesseurs. 

C’est ainsi que la région prend le nom de « Prusse ». Cette colonisation militaire participe au «Drang nach Osten» (poussée vers l’est).

Les chevaliers teutoniques construisent de puissantes forteresses dans les territoires nouvellement conquis, comme Köenigsberg (aujourd’hui Kaliningrad, en Russie). Et ils fusionnent en 1237 avec un autre ordre allemand en guerre contre les Baltes : les chevaliers Porte-Glaive.

C’est de cemariage que naît le culte du sang sacré. Le cercle de l’Epée se constitue au sein de l’ordre teutonique. Ce cercle est chargé d’étudier les pratiques païennes afin de relever l’influence des cultes du sang. Himmler, durant l’avénement d’Hitler, s’est largement inspiré de ces faits historique pour bâtir son Ordre Noir SS et l’Ahnenerbe.

Ils gagnent progressivement les régions de Courlande et de Livonie, (Est de la Prusse).

En 1291 les derniers croisés évacuent la Terre sainte. Le grand maître de l’ordre Teutonique quitte Acre, en Palestine, et s’installe dans la forteresse de Marienburg, en Prusse, dont il fait en 1309 sa capitale.

Désormais sans attache en Palestine, l’ordre Teutonique s’affirme comme une grande puissance séculière, rivale de la Pologne et de la Lituanie voisines. Il est placé sous l’autorité du grand maître, un personnage richissime et prestigieux, désigné à vie, avec rang de prince d’Empire.

Le début d’un déclin

Le siècle suivant signe le début du déclin de l’ordre, en raison tout à la fois de la Grande Peste de 1348, qui décime les populations européennes, et de la consolidation du royaume de Pologne, de langue slave.

En Prusse même, dans les terres administrées par l’ordre, les Allemands de la noblesse comme de la bourgeoisie supportent mal la tutelle des chevaliers teutoniques et n’hésitent pas à prendre parti pour le roi de Pologne et le grand-duc de Lituanie dans leurs querelles avec l’ordre. 

Le roi de Pologne Ladislas II Jagellon entreprend de combattre l’ordre Teutonique.

Le 15 juillet 1410, à Tannenberg, une localité de Prusse orientale  (Pologne), les chevaliers Teutoniques sont écrasés par une coalition de Polonais et de Lituaniens. Ulrich von Jungingen, le grand maître de cet ordre de moines-soldats allemands de brutale réputation , meurt les armes à la main. Les chevaliers Teutoniques ont perdu 40 000 hommes.

Après sa magistrale victoire de Tannenberg, il lui impose le traité de Thorn (aujourd’hui Torun, en Pologne). Les Polonais désignent cette bataille mémorable sous le nom de victoire de Grunwald. 

Un demi-siècle plus tard, à nouveau vaincus par les Polonais suite à la guerre de Treize ans (1454-1468), les chevaliers teutoniques perdent la Sudavie et une partie de la pomérélie. Suite au traité de Torun (1466), l’Ordre ne conserve plus que la Prusse orientale sous la suzeraineté du roi de Pologne.

La Réforme: vers l’Allemagne moderne

 En 1511, Albert de Brandebourg (Albrecht von Brandenburg), de la famille des Hohenzollern, est élu grand maître de l’ordre Teutonique. Quelques années plus tard le moine Martin Luther s’oppose à la papauté.  

Le Grand Maître de l’Ordre, Albrecht von Brandenburg prend le parti de Luther et adhère à la Réforme luthérienne (le protestantisme). En 1525, sur une suggestion de Luther, il transforme l’État de Prusse administré par l’ordre Teutonique (Ordensstaat Preußen) en un duché héréditaire (Herzogtum Preußen). La majorité des chevaliers Teutoniques se plient à la Réforme et se convertissent. Ceux qui veulent demeurer catholiques trouvent refuge à Mergenheim (allemagne).

Si le lien proprement confessionnel de l’Ordre se trouve donc amoindri, celui-ci n’en conservera pas moins son fondement éthique ascétique et guerrier. D’où une tradition, qui donnera forme à l’Etat prussien sous ses aspects les plus caractéristiques, et qui se reflètera de manière flagrente sur le corps des officiers. C’est la formation «prussienne» , qui préconise le stoïcisme viril, la domination de soi, la discipline, la fermeté d’âme et un style de vie sobre et intègre. Le principe du service et de l’honneur caractérisaient les classes supérieures de Prusse.

Cette première sécularisation donne des idées à de nombreux évêques, surtout en Allemagne du nord. A l’imitation du grand maître de l’ordre Teutonique, ils transforment leur principauté ecclésiastique (geistliche Fürstentümer) en principauté séculière et se rallient à la Réforme, ce qui leur vaut de devenir à leur tour de puissants seigneurs. 

Le nouveau duché de Prusse orientale étant situé hors des limites du Saint Empire romain germanique, Albert de Brandenbourg le place sous la suzeraineté du roi de Pologne et non de l’empereur d’Allemagne. L’un de ses lointains descendants prend prétexte de cette particularité pour se faire désigner roi en Prusse.

C’est de ce royaume qu’est issue l’Allemagne actuelle

En 1618, le duché de Prusse est rattaché au Brandebourg des Hohenzollern et

en 1660, Frédéric-Guillaume de Prusse obtient de la Pologne qu’elle reconnaisse sa pleine et entière souveraineté sur le duché de Prusse.

Le 18 janvier 1701, Frédéric III von Hohenzollern se fait courronner roi de Prusse et prend le nom de Frédéric Ier dans la cathédrale de Königsberg

En 1809, Napoléon a fait dissoudre la branche allemande de l’ordre.

Depuis 1929, sauf durant la période de la Seconde Guerre mondiale, l’ordre des chevaliers Teutoniques dont le siège est à Vienne reste maintenant un ordre caritatif qui limite son action à l’Autriche, à l’Italie et à l’Allemagne.

(Texte pris sur le blog d’alexdesilésie)

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